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Les chaloupes de Dahouèt

Malgré un accès difficile, considéré même au XVIIIe siècle comme franchement périlleux, Dahouèt a une longue histoire maritime. Ce petit port d'échouage de la baie de Saint-Brieuc - aujourd'hui doté d'un bassin a flot - bénéficie d'un site remarquable, sorte de fjord naturel offrant un parfait abri.

 

Chalutage et drague

Tout comme le cabotage et la grande pêche à Terre-Neuve puis à Islande, la pêche côtière est de tradition ancienne à Dahouèt.

En 1830, Habasque y recense six barques occupées à la drague des huîtres, mais déjà des problèmes de sur-pêche, dus semble-t-il aux Cancalais et aux Normands et dans une moindre mesure aux Anglais, font disparaître les bancs - les Dahouétins en garderont un durable ressentiment contre les marchands d'orbiche", surnom des Cancalais.

Cette pêche devient alors très surveillée et, vers 1860, le chalutage prend le relais de la drague des huîtres, dont les bancs ont été dévastés. Les bateaux creux de Dabouèt y excellent, concurrençant dit-on les grandes bisquines.

Cavelier de Cuverville, lieutenant de vaisseau, étudiant en 1863-1866 la pêche côtière en baie de Saint-Brieuc, et particulièrement celle des huîtres, préconise l'emploi de bateaux pontés, plus sûrs.

Probablement est-ce le point de départ des chaloupes dahouètines. L'ingénieur Pelaud signale en 1878 environ huit barques à Dahouèt : c'est le nombre de chaloupes pontées que l'on retrouve sur les documents de 1900.

Après la Grande guerre, l'effectif des chalutiers se réduit à trois cotres à Dahouèt et trois bisquines à Erquy, tandis que se développe une flottille de doris, souvent achetés aux morutiers.

La chaloupe pontée de Dahouèt

La taille des grandes chaloupes pontées de Dahouèt, destinées principalement au chalutage, varie de 8 mètres à 9,10 mètres, le tonnage utile allant de 3,70tx à 7,90tx. Leurs coques ont pris le type général de la baie de Saint Brieuc où l'on sent l'influence des bisquines, mais il n'y a jamais de voûte le tableau est de rigueur.

Celui-ci est encore plus ou moins incliné, et les formes se sont affinées, surtout sur les grands modèles. Le vaigrage des pavois semble fréquent; probablement est-il lié a' l'ancienne tradition de dragage des huîtres. La coque est peinte en blanc avec un liston en relief (même sur les canots).

La Pauline à couple de la bisquine Cancalaise au quai de Dahouèt

La Pauline à couple de la bisquine Cancalaise au quai de Dahouèt

 

Seul le bateau pilote fait exception. L'utilisation de peinture et non de coaltar est sans doute une habitude héritée de la grande pêche et du cabotage. Le mat de misaine, vertical, a une fusée réduite, peinte en blanc. Nettement plus haut, le grand mat, en position reculée, possède une forte quête arrière; sa fusée, plus longue, est également blanche. Contrairement à celui des bisquines, il est implanté sur l'arrière du grand panneau de cale. Les deux espars non haubanés sont tenus par des bastaques, auxquelles il est possible d'ajouter un étai volant. Le gui de la grande voile dépasse le tableau. Seule cette voile est surmontée d'un hunier au tiers. La misaine s'amure au pied de son mât. Les vergues sont disposées alternativement d'un côté ou de l'autre ainsi la Pauline a-t-elle sa grande vergue à bâbord, tandis que le Saint-Sébastien l'a à tribord. Au mouillage, le foc se ferle - comme sur un chasse-marée - sur le long bout-dehors qui fait plus de la moitié du bateau. Il n'existe en général pas de treuil (la barre de chalut étant relevée à l'aide des bastaques.

mat

Celles-ci sont au nombre de quatre - une de chaque côté de chaque mât - et présentent, par rapport aux haubans fixes, l'avantage de libérer la place du train de pêche. Un autre modèle de chaloupe existe à Dahouèt. Non ponté, plus petit (de 6 i 7 mètres), plus trapu, il n'est pas sans rappeler le "dragous" de Saint-Jacut (ainsi l'Andrea à Gabriel, ou le Joseph-Jeanne à Cardin). L'existence d'une grande voile basculée, faisant penser à celle des flambarts trégorois, et l'absence de tille (réduit avant) évoquent l'allure des canots de l'Ouest. Ces embarcations de taille réduite ne semblent pas employer le chalut, qui serait sans doute gêné par la présence de bancs.