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Chez les Brettes de Pleubian

Vendu a Eugène Lamandé, de Larmor-Pleubian, le lougre est réimmatriculé au quartier de Tréguier sous le numéro 693. Les rapports des gens de Dahouèt avec les bretonnants de la côte d'Olva étaient très bons, surtout avec les Pleubiannais, qui fréquentaient beaucoup leur port. Ils venaient charger bien sûr des patates, mais emportaient aussi des pommes "et souvent des cuites !"
Nombre de bateaux Dahouètins ont fini leur carrière a Larmor (Louis-Marie, Frère et Soeur, Audacieux) et bien des équipages ou des capitaines y étaient recrutés.
Eugène Lamandé prend un rôle au bornage dans une zone allant de Saint-Malo à Roscoff mais il tombe bientôt malade et meurt en 1918. Son successeur, Joseph Le Tallec, fait de la Pauline un goèmonier. Comme a l'habitude dans cette région, le lougre est regréé en bocq à corne. Monsieur Croajou, de Pleubian, se souvient avoir navigué sur le bateau de son cousin Job : fin, élégant, il manœuvrait bien.
Mais la Pauline ayant trop de tirant d'eau pour les passes de Larmor, elle a du mal à rejoindre l'usine par grande marée. Aussi décider-on d'enlever et scier les galbords et de rectifier les varangues pour remonter la quille. On agrandit également le panneau de cale pour charger le goémon. "On évitait une gîte trop forte à l'échouage de ce bateau profond, précise Monsieur Croajou, en l'équipant d'un pilhost"'. Ce billot de bois, retenu par une chaîne en bas sous la quille et par un bout sur le plat-bord, portait sur le flour (bouchain) ou les flourennou (bordés d'échouage).
En 1923, l'usine de traitement de Penlann à Larmor achète une demi-douzaine de bocqs, dont la Pauline. Celle-ci fait le goémon jusqu'en 1930 environ. Elle est mise au plain en 1931, lors de la cessation d'activité de la société due à la concurrence de l'iode et des nitrates du Chili.
Selon Monsieur Kerleau de Lanmodez, des goémoniers de la Rivière (le Trieux) l'ont ensuite récupérée. Elle aurait fait naufrage à pleine charge près de l'ile Maudez vers 1933 en talonnant une roche. C'en est fini des trois carrières de la chaloupe de Dahouèt... mais son sosie la ressuscitera pour une quatrième vie soixante ans plus tard, renouvelant encore le type d'activité pratiqué par le voiller !

Vendu a Eugène Lamandé, de Larmor-Pleubian, le lougre est réimmatriculé au quartier de Tréguier sous le numéro 693. Les rapports des gens de Dahouèt avec les bretonnants de la côte d'Olva étaient très bons, surtout avec les Pleubiannais, qui fréquentaient beaucoup leur port. Ils venaient charger bien sûr des patates, mais emportaient aussi des pommes "et souvent des cuites !"


Nombre de bateaux Dahouètins ont fini leur carrière a Larmor (Louis-Marie, Frère et Soeur, Audacieux) et bien des équipages ou des capitaines y étaient recrutés.


Eugène Lamandé prend un rôle au bornage dans une zone allant de Saint-Malo à Roscoff mais il tombe bientôt malade et meurt en 1918. Son successeur, Joseph Le Tallec, fait de la Pauline un goèmonier. Comme a l'habitude dans cette région, le lougre est regréé en bocq à corne. Monsieur Croajou, de Pleubian, se souvient avoir navigué sur le bateau de son cousin Job : fin, élégant, il manœuvrait bien.


Mais la Pauline ayant trop de tirant d'eau pour les passes de Larmor, elle a du mal à rejoindre l'usine par grande marée. Aussi décider-on d'enlever et scier les galbords et de rectifier les varangues pour remonter la quille. On agrandit également le panneau de cale pour charger le goémon. "On évitait une gîte trop forte à l'échouage de ce bateau profond, précise Monsieur Croajou, en l'équipant d'un pilhost"'. Ce billot de bois, retenu par une chaîne en bas sous la quille et par un bout sur le plat-bord, portait sur le flour (bouchain) ou les flourennou (bordés d'échouage).


En 1923, l'usine de traitement de Penlann à Larmor achète une demi-douzaine de bocqs, dont la Pauline. Celle-ci fait le goémon jusqu'en 1930 environ. Elle est mise au plain en 1931, lors de la cessation d'activité de la société due à la concurrence de l'iode et des nitrates du Chili.


Selon Monsieur Kerleau de Lanmodez, des goémoniers de la Rivière (le Trieux) l'ont ensuite récupérée. Elle aurait fait naufrage à pleine charge près de l'ile Maudez vers 1933 en talonnant une roche. C'en est fini des trois carrières de la chaloupe de Dahouèt...

mais son sosie la ressuscitera pour une quatrième vie soixante ans plus tard, renouvelant encore le type d'activité pratiqué par le voiller !

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