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Avril 2011 : La vie des mâts

Tous les mâts en bois ont une vie qui débute dans une forêt et qui finit dans un hangar poussiéreux ou le long d'un quai, usés par la mer et les tempêtes.

La Pauline est équipée d'un bout-dehors, d'un mât de misaine et d'un grand mât. On hisse la grand-voile, ou taille-vent, sur celui-ci. Pour aller chercher la brise qui souffle en hauteur, on établit le hunier en tête du grand-mât. La voile de misaine, les focs et le tourmentin sont gréés sur le bout-dehors et sur le mât de misaine. La Pauline dispose ainsi d'une surface totale de voilure de 95m2.

la vie des mats

 

On imagine aisément les forces colossales que peuvent encaisser ces mâts lorsque les bourrasques d'un méchant noroît viennent tendre les voiles ou quand une déferlante traîtresse vient frapper la coque. Les mâts sont tenus  par les bastaques qui assurent la bonne tenue transversale et longitunale. Ces éléments permettent aux mâts de rester le plus droit possible pour ne pas flamber. Les deux mâts actuels de la Pauline sont constitués de troncs de mélèzes à la ligne droite et effilée. Ces arbres majestueux proviennent des forêts des Alpes. Le bois de mélèze a des qualités qui associent souplesse et grande résistance. 

signes de faiblesse

Vingt ans après la construction de la Pauline, le mât de misaine peut encore vivre quelques belles  années. En revanche, la grand-mât donne quelques signes d'essoufflement. Ce bel équilibre constitué autour du mât par les bastaques,  peut être mis à mal si l'un des éléments vient à lâcher au cours d'un coup de vent ou d'une manoeuvre hasardeuse. Et la catastrophe peut survenir. Le mât qui casse et c'est l'ensemble du navire qui est en danger. Après avoir vérifié que le démâtage n'a assomé aucun des marins, on tente de récupérer ce morceau de bois qui tape sur la coque au risque de l'éventrer. On décide en dernier ressort de tout larguer, voile et mâture si la situation l'exige. Pour éviter de se retrouver dans cette situation périlleuse, rien ne vaut une bonne réparation à terre. La révision des cordages doit être minutieuse et effectuée régulièrement. L'appréciation de la résistance du mât est plus difficile. Un oeil attentif détectera les premiers signes de faiblesse.

 

Sur la Pauline, fin 2010, nous avons estimé que le moment était venu de procéder au changement du grand mât. Courant mars 2011, nous avons procédé à l'extraction des 2 mâts, grâce à un chariot-élévateur. Ils ont ensuite été stockés dans nos ateliers. Pendant tout l'hiver, de longs débats techniques s'étaient déroulés. Ils portaient sur le choix du type de bois. Un mât en lamellé-collé offre une très grande résistance, mais cette qualité présente des inconvénients pour la navigation et les manoeuvres. Le surpoids de ce type de mât a aussi fait pencher la décision vers un tronc d'arbre plus classique.

 

Le pin d'Orégon, qui pousse sur les contreforts des montagnes de  l'ouest des Etats-Unis, présente de belles qualités. En poussant très lentement, ce bois est très dense et solide tout en ayant une certaine souplesse. Nous n'avons pu nous résoudre à cette option, nos finances ne nous le permettant pas.

 

Une chance s'est un jour présentée. Nos amis du grand Léjon, au Légué à St-Brieuc, ont sorti de la vase un mât qu'ils conservaient depuis plusieurs années. Nous leur avons proposé de le leur acheter. Restait alors à lui faire traverser la baie de St-Brieuc. Touer le mât à l'aide d'un bateau à moteur à travers la baie a été envisagé un moment.

 

On leveLe voyage par la route s'est finalement imposé comme la solution la plus pratique. Elle présentait surtout l'avantage de ne pas détremper de nouveau le mât. Le lundi 29 Mars 2011, eut lieu le transport de ce qui allait devenir le grand mât de la Pauline entre le port du Légué et l'atelier de Dahouët. La société de transports Altéo, de Noyal, près de Lamballe, nous prêta aimablement son concours pour effectuer cette livraison pour le moins exceptionnelle.

 

 

 

 

 

 

 

 

Tout est mis en oeuvre au port du Légué. Le chariot élévateur soulève doucement le tronc et la semi-remorque, conduite par Adrien, recule prudemment pour le charger.

on_insere gentiement

De retour à Dahouët, l'équipe de bénévoles de la Pauline sort de la semi-remorque,à la force des bras le futur mât, d'un poids de 400kg environ et d'une longueur de 14,50 mètres.

Adrien_conduit avec_brio

Arrivé sur les lieux, le nouveau mât fait connaissance des deux anciens mâts. La prochaine étape interviendra les jours suivants: poncer, vernir, adapter les nouvelles ferrures et finalement réinsérer les mâts sur la Pauline.

sort nouveau_mat

(remerciements à André et David pour leurs photos et concours technique)